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AUTOUR DE PARSIFAL 423

pas sans trouble que, le trois janvier, nous pénétrions dans la salle de TOpéra, après une journée de courses et de visites, si peu semblable à ces après-midi de Bayreuth, où un horaire de ville d'eau, le grand air, la promenade, l'exaltation spéciale à ces fêtes solennelles, faisaient de nous des êtres à part, affinaient notre sensibilité.

L'autre soir, pendant le premier quart d'heure, mal installé, distrait par mes voisins, je crus que je n'y tiendrais pas, je faillis sortir ; seul, je l'eusse fait, mais j'accompagnais des néophytes ; je patientai et tins bon. D'ailleurs cette gêne fut de courte durée. Bientôt, la salle disparut dans la ténèbre ; je fermai les yeux ; je fus ressaisi ; mes nerfs se tendirent. Je vous fais grâce du reste : à la fin de l'acte [qui me parut court), l'émotion me rendait presque apha- sique.

Un jeune homme, dans la loge, me dit :

— Est-ce que vous connaissez bien le poème. Monsieur ? Qu'est-ce que tout cela ? Peut-être vaut-il mieux ne pas le savoir, la pièce chez Wagner est toujours idiote, mais la musique rachète tout.

— Rachat, interrompit une femme savante, est bien le mot de la circonstance ; c'est le Drame du Rachat et de la Rédemption. Excusez-moi, car Rédemption rappelle tristement Gounod.

— Pas pour moi, reprend le jeune homme, — compo- siteur, m'assure-t-on, du plus grand avenir — je n'ai jamais lu une note de Gounod.

L'entr'acte était long : plus d'une heure pour dîner au restaurant, dans le foyer, ou chez des amis du voisinage. Il faisait froid, je ne sus prendre mon parti, évitai tous ces repas par petites tables, la fête, le réveillon. J'abordai des

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