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PAUL DéROULÈDE 4I3

Ton célèbre annuellement. Il parle, il jette là le dernier cri d'espoir : " Vive, vive à jamais notre bien-aimée patrie la France ! " " Comment, écri- vent les Tharaud, exprimer Témotion qui réunis- sait tous les cœurs dans la même admiration angoissée, devant cet homme si pâle sous son bonnet de fourrure, si long, si maigre dans sa vaste pelisse et qui semblait jeter au vent ce qui lui restait de vie... On eût dit qu*il prolongeait volontairement cet effort surhumain, pour forcer la mort à le prendre comme il Tavait désiré. Oui ! Il aurait voulu mourir là " pour le plaisir et pour l'exemple ". Un sonneur de clairon et un porte-drapeau ! en temps de paix cela peut sembler ridicule. Que risquait-il ? En repassant ainsi les événements principaux de sa vie, on s'aperçoit qu'il a tout risqué, presque tout perdu, et qu'il était capable, pour la beauté du geste^ de risquer sa vie, d'espérer la mort.

Voilà la légende de Déroulède — ce que d'au- tres sont libres d'appeler sa comédie. Il n'était pas si simple que sa légende nous le montre. " Cet entraîneur de la rue, cet orateur de plein air, nous disent les Tharaud, c'est un merveilleux conteur ; cet expert en grands effets, c'est l'homme de la parfaite mesure, un Parisien de race plein de finesse et plein de grâce ; personne comme lui ne sait tourner un compliment à une femme et lui offrir une fleur. " Mais, en artiste de la scène — et il

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