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��LETTRES 395

maigre, et souvent attendri. Mais, sauf un ou deux dans chaque classe, je ne peux pas faire fonds sur eux. Plus je les cerne, plus ils me manquent. Ridicule T... qui croyait pouvoir souffrir de son métier, et y trouver le bonheur ! Si je ne me raidissais pas, ce serait au bout de peu de temps, le chloroforme, une défense contre la vie, une régularité, une chaîne, une limite à Tenthousiasme, enfin, bref, une occupation.

Au fond, ce n'est pas vrai, et je suis très heu- reux. J'ai demandé : " Qu'est-ce que comprendre .^" Il y a deux choses, m'a-t-on répondu ; on peut vous comprendre, vous, M'sieur, et comprendre ce que vous dites. Oui, on pourrait, — Il est vrai que ce serait plus intéressant de me comprendre que de comprendre ce que je dis, et qui est du Durkheim, du Charles Gide, du Karl Marx, les meilleurs jours du Rauh, — et parfois du Chartier (j'ai fait, tu le devines, une leçon sur la crue, une sur la comète). Mais j'ai peur, quand l'eau monte et qu'il fait froid et noir, qu'ils ne retiennent pas ce que je peux leur dire, et qu'ils ne comprennent pas non plus ce que je ne leur dis pas.

Ce sont les jours de pessimisme : les enfants courageux y sont sujets autant que d'autres. Puis vraiment, Paris est lugubre : et les maisons vont s'efFondrer. Je n'aime pas être rappelé ainsi brutalement au matérialisme historique. Heureuse-

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