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390 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

teur, au lieu qu'il s'oppose à elle comme la matière de la connaissance, — ça intéresse beaucoup Lache- lier. Il veut bien faire cette affirmation. Mais à une condition : c'est qu'on comprenne bien de quelle nature cette affirmation doit être, et qu'on ne transforme pas, pour l'affirmer, cet au-delà en en- deçà^ qu'on ne prétende pas à en avoir une con- naissance, ni à en donner une démonstration, qu'on ne veuille pas avoir l'expérience de ce qui, par hypothèse, est au-delà de l'expérience. Bref, qu'on sache bien qu'il s'agit ici, non pas de connaître, mais de croire, qu'on est en dehors de l'intelligi- bilité, que la raison ne peut faire le saut, et que tout ce qu'on peut dire c'est qu'elle autorise la foi à faire ce saut. Il n'y a pas de philosophie de la religion : il y a une philosophie qui pour la reli- gion fait place nette.

Ça c'est propre : c'est bien encadré, ça a trois dimensions comme l'espace dans Euclide et l'Etre dans Psychologie et Métaphysique, Ça ne fait pas d'avances à l'Église ni au Gouvernement, parce qu'un philosophe doit avoir sa dignité. C'est solide et raisonnable, et très digne d'un vieux bon- homme très loyal et qui aime qu'on ne brouille pas tout sans réfléchir. " Messieurs, Monsieur X a deux défauts : il n'a pas de gilet, et il ne fait pas le mot à mot".

Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'on ne com- prend pas tout de même comment cette foi rejoint

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