Page:NRF 11.djvu/371

Cette page n’a pas encore été corrigée


NOTULES 3^5

neveux ont chance de se mieux délecter aux maximes de M. Rey, quand nettement il aura dessiné sa figure par des œuvres et par des actes. En attendant, il se prive de l'avantage que lui assurerait l'adoption d'un seul point de vue, optimisme ou misanthropie. Il a des maximes pour tous les goûts, politiques et mondaines, douces et amères, anciennes et nouvelles, fines ou presque plates. Elles présentent les qualités indispensables à ce genre d'écrits : propriété des mots, brièveté du tour ; étant en général plus vraies que leur contraire, elles résistent assez bien au petit jeu du retournement. Les meilleures portent, comme il est naturel, sur le plaisir et l'amour. Voici le n<> 65 i :

"On va dans le monde, on y rencontre, parmi d'autre* personnes, une femme dont le visage ne vous est pas inconnu ; on s'approche d'elle, on la salue, on échange quelques paroles de politesse banale, et l'on est obligé de faire un effort pour se rappeler où on l'a connue : dans son lit. **

— J'allais le dire. N'est-il pas vrai ? ça vous arrive tous les jours.

��Les petites choses qui font plaisir — qui vexent FLATTENT, par Emtk Berr (Bernard Grasset).

��QUI

��Abandonnant à M. Rey toute la mécanique des grands sen- timents, M. Berr ne se réserve que la psychologie moléculaire, la micropsychologie. Il s'entend à distribuer les menus faits révélateurs, à ranger, parmi les petites choses qui font plaisir : " Echapper à l'œil d'une loueuse de chaises " ; — parmi celles qui flattent : " Se trouver en tête d'une liste alphabétique. — Indiquer son chemin à quelqu'un. — Annoncer une mauvaise nouvelle. — Avoir été un mauvais élève " ; — parmi ceux qt^on a détestés pendant une minute ou deux : " L'ami qui vous a vu suivre une femme. "

�� �