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NOTES 357

��LETTRES ALLEMANDES

DAS HERMANN-BAHR-BUCH (Extraits de Hermana Bahr). (S. Fischer Verlag, Berlin, 191 3, 318 pp.)

En 1890 débarquait à Berlin un jeune Viennois "qui rapportait de Paris les dernières modes littéraires et les derniers parfums. " Le dandy auquel Heinrich Hart consacra dans ses. Mémoires littéraires un souvenir amusé s'appelait Hermann Bahr. Il s'est acquis dans la critique allemande une notoriété. On fête aujourd'hui son cinquantenaire, et l'éditeur berlinois S. Fischer dont l'intelligente activité a rendu tant de services à la littérature d'avant-garde, consacre à Bahr une sorte d'antho- logie tirée de ses nombreux volumes d'essais. On y trouve le reflet des préoccupations qui agitèrent l'Allemagne littéraire depuis tantôt vingt-cinq-ans.

Dans un premier séjour qu'il fit à Berlin de 1884 à 1887^ Bahr avait assisté, sans s'y mêler activement, à la révolution. littéraire qui aboutit au naturalisme. Quand il revint en 1890 la Freie Buhne était fondée. Avec Arno Nolz, Johannes SchlafF,. Gerhardt Hauptmann, le naturalisme triomphait : il s'agissait désormais de le " surmonter ". C'est à quoi s'appliqua Hermann Bahr dans les compte-rendus des lettres françaises qu'il publiait à la revue Freie BUhne (devenue aujourd'hui la Neue Rundschau). Il venait de découvrir Bourget dont il imitait les procédés d'analyse dans un roman prodigieusement cocasse Die gute Schule, " la bonne école ". Aux " états de choses " duf naturalisme il opposait les " états d'âme " les plus imprévus, les plus fous, d'un jeune artiste allemand qui cherchait sa révélation à Paris.

Bahr avait, pendant son séjour à l'exposition universelle, découvert non seulement Bourget, mais aussi Jules Lemaître et

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