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NOTES 319

��LA LITTERATURE

UN POÈTE ET LA POÉSIE PROVENÇALE. '

La critique française ignore trop la littérature provençale. Elle la répute sans doute étrangère, et il ne semble pas qu'aucun de nos critiques officiels ait beaucoup l'usage et la fréquentation d'une littérature autre que la sienne. A ce point de vue comme à bien d'autres, l'état misérable de la critique actuelle est assez récent. L'importance de Villemain et de Taine tient en partie à ce qu'ils ont ouvert leur critique sur les frontières, se sont préoccupés de littératures comparées. Au dessous de noms comme ceux-là, il y a des places plus modestes, éminemment utiles, qui furent longtemps occupées par un Montégut et un Scherer, et qui sont aujourd'hui vides. D'autre part ceux qui ont pour fonction d'étudier les littératures étrangères paraissent peu familiers avec leur littérature propre. Il y a là une division du travail et une diminution de la culture générale qui étonne- raient si on ne les rattachait à un ensemble de causes assez claires et sur lesquelles ce n'est pas ici le lieu de revenir. Pour ce qui est de la littérature provençale, Gaston Paris est, je crois bien, le dernier qui l'ait incorporée, comme une de ses pièces néces- saires, à une large et vraie culture française. Son étude sur Mistral reste la seule approfondie et compétente dont le grand poète ait été chez nous l'objet. Je ne parle pas de M. Charles Maurras, à qui revenait ici, de droit, un rôle utile et beau. Ce qu'il pourrait écrire sur le génie et la poésie de la Provence, le livre majorai qu'il nous plaît d'imaginer, est sans doute différé jusqu'au rétablissement du roi.

' Jôusè d'Arbaud, Lou Lausié d'Arle. (Joseph d'Arbaud, Le Laurier d'Arles.) Edition du Feu.

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