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LES CAVES DU VATICAN 2^

Tingénieur-expert commis à l*étude de la ligne, et con- seille à son beau-frère de ne point trop dorer son espé- rance : il pourrait bien rester Gros-Jean. Mais ce qu*Anthime ne dit pas, c'est que l'afiBiire est entre les mains de la Loge, qui n*abandonne jamais les siens.

Anthime à présent parle à Julius de sa candidature à l'Académie, de ses chances : il en parle en souriant, parce qu'il n'y croit guère ; et Julius lui-même feint une indifférence tranquille et comme renoncée : à quoi bon raconter que sa sœur, la comtesse Guy de Saint-Prix tient le cardinal André dans sa manche, et, partant, les quinze immortels qui toujours votent avec lui. Anthime esquisse un compliment, très léger, sur le dernier roman de Baraglioul : UA'tr des Cimes, Le fait est qu'il a trouvé le livre exécrable ; et Julius, qui ne s'y méprend pas, se hâte de dire, pour mettre son amour-propre à couvert :

— Je pensais bien qu'un tel livre ne pourrait pas vous plaire. ^

Anthime consentirait encore à excuser le livre, mais cette allusion à ses opinions le chatouille ; il proteste que celles-ci n'inclinent en rien les jugements qu'il porte sur les œuvres d'art en général, et sur les livres de son beau- frcre en particulier. Julius sourit avec une accommodante condescendance et, pour changer de sujet, demande à son beau-frère des nouvelles de sa sciatique, qu'il appelle par erreur : son lumbago. Ah ! pourquoi Julius ne s'est-il pas plutôt enquis de ses recherches scientifiques ? On aurait eu beau jeu de lui répondre. Son lumbago ! Pourquoi pas sa loupe, bientôt ? Mais ses recherches scientifiques, apparemment son beau-frère les ignore : il préfère les ignorer... Anthime, tout échauffé déjà et que précisément

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