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258 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

insensible à sa détresse, et bientôt la petite put trouver dans le giron de la veuve un abri.

Volontiers Arnica s'attardait à la pension après les classes plutôt que de ne point trouver son père au foyer ; Madame Semène avait une fille, de sept ans plus âgée qu'Arnica, un peu bossue, mais obligeante ; dans l'espoir de lui décrocher un mari. Madame Semène recevait le dimanche soir, et même organisait deux fois l'an de petites matinées dominicales, avec récitations et sauterie ; y venaient, par reconnaissance quelques unes de ses anciennes élèves escortées de leurs parents, et par désœu- vrement, quelques adolescents dépourvus et sans avenir. Arnica fut de toutes ces réunions ; fleur sans éclat, discrète jusqu'à l'effacement, mais qui, pourtant, ne devait pas rester inaperçue.

Lorsque, à quatorze ans. Arnica perdit son père. Ma- dame Semène recueillit l'orpheline, que ses sœurs, passablement plus âgées, ne vinrent plus voir que rare- ment. C'est au cours d'une de ces courtes visites, pourtant, que Marguerite rencontra pour la première fois celui qui^ deux ans plus tard, devait devenir son mari : Julius di Baraglioul, alors âgé de vingt-huit ans — en villégiatura chez son grand-père Robert de Baraglioul qui, comme nous l'avons dit précédemment, était venu s'établir ai environs de Pau, peu après l'annexion du duché de Parm^ à la France.

Le brillant mariage de Marguerite (au demeurant c< demoiselles Péterat n'étaient pas absolument sans fortunej faisait, aux yeux éblouis d'Arnica, sa sœur encore ph distante ; elle se doutait que jamais, penché sur elle, ui^ comte, un Julius, ne viendrait respirer son parfum. ElU

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