Page:NRF 11.djvu/253

Cette page n’a pas encore été corrigée


LES CAVES DU VATICAN 247

devant lequel, enfin ô honte ! au jubilé s'est incliné la tout entière chrétienté.

A ces mots le mouchoir qu'il tordait dans ses mains se déchira.

— Le premier acte du faux pape fut cette encyclique trop fameuse, l'encyclique à la France, dont le cœur de tout Français cligne de ce nom saigne encore. Oui, oui, je sais, Madame, combien votre grand cœur de comtesse a souffert d'entendre la sainte cause de l'Eglise renier la sainte cause de la royauté ; le Vatican, j'ai dit, applaudir à la République. Hélas ! rassurez- vous, Madame ! vous vous étonniez à bon droit. Rassurez-vous, Madame la comtesse ! mais songez à ce que le Saint Père captif a souffert, entendant ce suppôt imposteur le proclamer républicain !

Puis, se rejetant en arrière, avec un rire sanglotant.

— Et qu'avez-vous pensé, comtesse de Saint-Prix, et qu'avez-vous pensé, comme corollaire à cette cruelle encyclique, de l'audience accordée par notre Saint Père au rédacteur du Petit Journal f Du Petit Journa/,M.Sida.mG la comtesse, ah ! fi donc ! Léon XIII au Petit Journal ! Vous sentez bien que c'est impossible. Votre noble cœur vous a déjà crié que c'est faux !

— Mais, s'écria la comtesse, n'y pouvant plus tenir, — c'est ce qu'il faut crier à toute la terre.

— Non, Madame ! c'est ce qu'il faut taire ! tonitrua l'abbé, formidable ; c'est ce qu'il faut taire d'abord; c'est ce que nous devons taire pour agir.

Puis s'excusant, d'une voix subitement éplorée :

— Vous voyez que je vous parle comme à un homme.

�� �