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LES CAVES DU VATICAN 2j^^

LsL comtesse, résolue à n'ouvrir plus les lèvres, à ne changer plus d'attitude, ni même d'expression avant complet épuisement du secret, écoutait imperturbablement le faux prêtre dont peu à peu l'assurance s'affermissait. Il s'était levé et marchait à grands pas. Pour meilleure pré- paration, il reprenait l'afFaire, sinon précisément à ses débuts (le conflit entre la Loge et l'Eglise, essentiel, n'avait-il pas toujours existé ?) du moins remontait-il à certains faits où s'était déclaré l'hostilité flagrante. Il avait d'abord invité la comtesse à se souvenir des deux lettres- adressées par le pape, en décembre 92, l'une au peuple italien, l'autre plus spécialement aux évêques, prémunissant les catholiques contre les agissements des Francs-Maçons ; puis, comme la mémoire faisait défaut à la comtesse, il avait dû remonter plus en arrière, rappeler l'érection de la statue de Giordano Bruno, décidée, présidée par Crispi derrière qui jusqu'alors s'était dissimulée la Loge. Il avait dit Crispi outré de ce que le pape eût repoussé ses avan- ces, eût refusé de négocier avec lui (et par : négocier, ne fallait-il pas entendre : se soumettre !). Il avait retracé cette journée tragique : les camps prenant position ; les Franc-Maçons enfin levant le masque, et — tandis que le corps-diplomatique-accrédité-prcs-du-Saint-Siège se ren- dait au Vatican, manifestant par cet acte, en même temps que son mépris pour Crispi, sa vénération pour notre Saint Père ulcéré — la Loge, enseignes déployées, sur la place Campo dei Fiori où se dressait la provocante idole,, acclamant l'illustre blasphémateur.

— Au consistoire qui suivit bientôt après, le 30 juin 1889, continua-t-il (toujours debout, il s'appuyait à pré- sent sur le guéridon, les deux bras en avant, penché vers>

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