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164 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

'cache un préjugé ; il répond vraiment à un fait. Dans un ouvrage menu et circonscrit, le naturel tout nu est bien ^capable de passer la rampe. Dans un ouvrage de vaste dévelop- pement et à multiples épisodes, il crée entre les personnages principaux et les secondaires, entre les faits d'importance pro- fonde et les détails accessoires, une sorte d'égalité qui fond tout sur un plan dans une même grisaille. A ne jamais formuler son cas devant nous au prix d'un petit artifice littéraire, sous prétexte que formuler n'est pas vivre, un personnage comme celui de Marianne Labbé perd son prestige de protagoniste et trop d'éléments étrangers entrent en concurrence avec lui dans notre émotion. Il eût fallu ou l'isoler ou faire qu'il tranchât péremptoirement sur les autres. Ainsi nous est-il impossible de nous intéresser à lui autant qu'il le mériterait... — Nous atten- dons impatiemment de le retrouver dans le livre ; il nous sera loisible alors de l'approcher, d'en être émus, de nous y plaire. Il est simple et mélancolique, il est vaillant et résigné. Nous le ■débarrasserons des intrus qui, durant sa vie sur la scène, s'obsti- naient à nous distraire de lui... Nous y reconnaîtrons le talent si particulier de M. Sée, qui sait tant dire en ne semblant presque Tien dire... Enfin nous tenterons de rétablir dans sa pureté primitive le drame de Vlrrégulière, tel qu'il était ou devait être, avant que M. Sée, auteur de trois pièces exquises, ne s'avisât d'en vouloir faire une " grande pièce "... Qu'il laisse donc cette ambition facile à ses heureux confrères du boulevard î

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��La société dramatique le Masque a donné avec succès, au Théâtre particulier de M. Mors, quelques représentations de ■Psyché, le poème dramatique de M. Gabriel Mourey, dont Jious avons parlé ici.

H. G.

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