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NOTES 153

��LA VIE ET L'AMOUR, par Abel Bonnard (Fasquelle 3 fr. 50)-

Il est très vrai que les romanciers se peignent dans leurs œuvres plus qu'ils ne le pensent. Parlant de l'un de ses person- nages, vaguement écrivain, M. Abel Bonnard le définit ainsi : " Apte à tourner des phrases d'aspect littéraire sans avoir dans l'esprit de quoi les remplir. " Quel jugement s'appliquerait mieux à l'auteur de la Vie et V Amour ?

Mais M. Abel Bonnard semble vouloir effacer aussitôt la ressemblance qui s'impose, en poursuivant : " Il obtenait alors des triomphes scolaires que la vie avait mal continués. " Or, si l'on ne possède encore aucun renseignement sur les années d'études de M. Abel Bonnard, nul n'ignore qu'il remporta facilement le premier Prix National de Poésie, avec les fami- liers et que son second volume de vers les Royautés, fut couronné par l'Académie Française. Et il se pourrait bien que son roman lui valût un premier prix de psychologie et de morale.

M. Abel Bonnard écrit, en outre, d'un autre de ses person- nages " qu'il substituait à la réalité des fictions de mauvais romans ". Je ne vois pas qu'il ait lui-même fait autre chose dans son livre. L'action se passe dans " le monde ". Ses deux héros sont éminemment délicats et aristocratiques : André, jeune écrivain, auteur de trois romans " qui avaient réussi " ; Laure, jeune veuve de famille noble, mariée peu de temps à un indi- vidu assez grossier qui ne l'avait point éveillée à l'amour. Le père de Laure était " un homme d'une qualité rare " ; son frère est officier, une de ses tantes est veuve d'un banquier et en second lieu d'un ambassadeur, c'est-à-dire, un peu ambassa- drice elle-même, et deux autres tantes sont restées vieilles filles. On nous promène de Paris en Sicile, sur l'Etna, puis en Italie, sur la Côte d'Azur, à Trouville, etc. Au commencement du

II

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