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NOTES 151

sûreté. J'ai relu le livre pour prêter à l'écriture et à la facture du dialogue, une attention particulière. Au bout de dix pages j'étais tellement repris par le récit que j'en avais oublié toute préoccupation critique.

J.S.

��LA MAISON BLANCHE, par Léon Werth (Fasquelle 3 fr. 50).

J'aime les articles de M. Léon Werth. Je leur trouve de la verve et de la générosité. Ils ne sont pas réactionnaires, ce qui est déjà une originalité. Ils sont vivants et passionnés, et on leur passe une véhémence de ton qui sent parfois le parti-pris. Parmi ceux qui ont paru dans les Cahiers d^ aujourd^ hui, il y en a qui font penser au courageux voyageur ouvrant, sous les regards furieux de la grosse dame et du rond-de-cuir à cache- nez, une glace de l'autobus empesté. On fait : " Enfin ! " J'aime beaucoup moins son livre, parce qu'une boutade qui est plaisante dans un article, cesse de l'être si, dans le tissu plus serré, plus durable d'un livre, il faut qu'on la prenne à la lettre. J'admets qu'un jour de mauvaise humeur, M. Léon Werth écrive : " Puis je fus journaliste pour de bon. J'interviewai des assassins, des victimes, des grues, des escrocs, — ce qui m'était égal — des acteurs et des hommes de lettres — ce qui me répugnait. " Mais un livre n'a pas l'excuse de la mauvaise humeur — ou alors c'est qu'il veut se donner pour improvisé ou encore que la mauvaise humeur est chronique. Dans ce premier tiers de la Maison Blanche, où M. Werth parle de son enfance et de sa jeunesse, je suis gêné par de telles saillies. Il me semble que le recul des années prête plus de largeur à l'expérience et plus de gravité au ressentiment. Même dans le reste du livre où M. Werth raconte ses souvenirs d'hôpital, et sa longue confrontation avec la douleur physique et la .mort.

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