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NOTES ÏO79

ments littéraires, en particulier sur ses propres ouvrages. Voici par exemple un fragment d'une lettre envoyée le 9 novembre 1 906 au docteur Anders, Allemand : " Mieux que mes autres livres, VEgoîsie approche le degré voulu de plénitude, de parachève- ment. Mes critiques avouent que dans Diana of the Crosszvays respire une femme véritable, et je la sentais vraiment en moi quand j'écrivais. Certaines personnes aiment Rhoda Fleming; moi peu. Richard Feverel fut conçu sérieusement, et divers passages méritent la réflexion. Beauchamp n'atteint pas à la même profondeur, mais le travail superficiel y vaut mieux. " Au sujet de Diana, il faut lire encore une longue lettre à Lady Ulrica Baring, en date du 9 avril 1902.

Les remarques de Meredith sur notre pays surprennent à l'occasion. M. Clemenceau a trop d'esprit pour ne pas trouver celle-ci exagérée : " Clemenceau est le seul politique français notoire, chez les contemporains, que j'estime mentalement, moralement et cordialement. " (A l'amiral Maxse, 1 8 février 1884.) En 1870, entre le 15 juillet et les premières batailles, Meredith se montre beaucoup plus francophile que ses compa- triotes. Les mois suivants, il évolue nettement vers l'Allemagne, et dans les longues discussions qu'il eut à ce sujet avec le capi- taine Maxse, il semble avoir eu quelque peine à convaincre son interlocuteur.

Plus souvent gai que grave, le style de toute cette correspon- dance n'échappe pas entièrement à une recherche quelquefois excessive, mais dans l'ensemble la concision s'y accorde avec une clarté parfaite.

M. William Meredith mérite les remerciements de tous les lettrés. Les deux volumes dont il a groupé pour nous les maté- riaux précisent fortement la figure jusqu'alors vague de son père vers le milieu de l'âge. Ils nous aident à mieux comprendre toute une fiction dont beaucoup de personnages, selon l'expres- sion de Stevenson, sont de pures découvertes.

GÉRARD MaLLET.

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