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1072 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Aussi ma préférence va-t-elle aux dessins qui ne se donnent pas pour autre chose que ce qu'ils sont réellement, c'est-à-dire des études d'animaux — d'animaux tout nus, si je puis dire, sans entourage ni décor, tels qu'en vérité on peut les étudier dans une basse-cour ou une ménagerie. Ces dessins-là ont de l'accent et de la grandeur, simplement parce qu'ils sont vrais. Nous n'avons pas besoin des bambous de la jungle pour évoquer la vie du tigre ou du singe ; nous l'avons ici, toute frémissante, grâce à l'exacte observation du jeu des os, des muscles et de la peau. Et notre imagination en est bien autrement stimulée.

J. S.

LETTRES ANGLAISES

THE FLYING INN, hy G. K. Chesterton. (Edition Tauchnitz, i volume. 19 14.)

Le mot de roman ne saurait désigner les fantaisies en prose que publie de temps en temps G. K. Chesterton. Ce sont pourtant bien des récits d'événements, et on y trouve aussi des personnages ; mais cela ne suffit pas à constituer un roman. Ce qu'il y a de plus mauvais comme fiction, même les feuilletons des journaux populaires, même les romans mondains, méritent le nom de roman ; mais les fantaisies en prose de G. K. Chesterton échappent à cette classification. Le nom qui leur conviendrait le mieux serait : récits allégoriques ; et peut-être pourrait-on trouver leurs ancêtres véritables parmi les contes philosophiques et libertins du XVIIP siècle. Nous ne disons pas cela pour dénigrer les récits allégoriques de G. K. Chesterton : qui ne les préférerait, d'ailleurs, à tous les romans mondains ! Simple- ment, nous constatons que ces récits n'ont pas leur base dans l'intuition, mais qu'ils sont le produit d'une inspiration pure- ment logique. Ils ne contiennent rien qui soit décrit ou peint d'après nature. Et en réalité, ils tiennent de très près aux deux

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