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I020 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

une aiguille toujours acérée à percer la vanité des autres. Il ne dit pas son prix ; mais il le connaît. Tant d’énergie à être vrai avec soi-même marque sa force. Contrairement à l’opinion des malins et des roués, le génie du mensonge ne va pas loin : le mensonge est bientôt dupe du mensonge. Témoin, la rhétorique. La recherche du vrai est seule sans limites. La quête de soi ne finit jamais.

En vérité, ai-je dirigé ma vie le moins du monde ? se demande ce Montaigne de la Révolu- tion. " Qu’ai-je été ? Que suis-je ? Je serais bien embarrassé de le dire. ^ "

" Je passe pour un homme de beaucoup d’esprit et fort insensible, — et je vois que j’ai été cons- tamment occupé par des amours malheureuses. ^ "

Il a le tempérament mélancolique décrit par Cabanis: "J’ai eu très peu de succès.^" Et il remarque : " La rêverie a été ce que j’ai préféré à tout. ^" Il finit par conclure : " Aurais-je donc un caractère triste ? ^ "

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��2. Il se faisait appeler Bombet, marquis de Curzay, et Robert frères ; Domenico Vismara, ingénieur à Novara, et De La Palice Xaintrailles aîné ; comte du Tonneau et baron Raisinet ; Cor-

’ Henri Bràlardy chap. i. ’ Ibid.y chap. II.

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