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CHRONIQUE DE CAERDAL IOO9

manifeste pas moins que la mélancolie, ni mieux peut-être. La vie enseigne à Stendhal le bonheur d'aimer, qui est fait le plus souvent d*une si constante infortune ; et plus ce bonheur lui manque, plus la musique le lui rend.

Il n'entend pas goûter la musique pour elle même ; il ne la connaît pas et ne paraît pas la comprendre. A l'ordinaire de ceux qui ignorent la musique, il l'appelle savante et mathématique, partout où elle est un art. Il préfère à tout les airs charmants et tendres qui font au sentiment la réponse souhaitée. Et plus on est réduit au silence, plus la réponse paraît exquise. La musique est ainsi le colloque d'un amant malheureux ou pensif avec soi même.

��" Je ne trouve parfaitement beaux, que les chants de ces deux seuls auteurs : Cimarosa et Mozart ; et l'on me pendrait plutôt que de me faire dire avec sincérité lequel je préfère à l'autre. " '

" Je n'ai aucun goût pour la musique purement instrumentale. " ^

" La seule mélodie vocale me semble le produit du génie. " ^

Quel Français de Marseille et même du boule-

  • ' ' Henri Brûlard^ chap. xxvil.

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