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I002 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

tous les poètes y trouvent leur compte. Shakspeare le savait, lui qui a toutes les voix, et presque tous les dons de poésie.

Stendhal, qui invente prodigieusement dans Tordre des caractères, n'invente pas dans le style. Plein de génie dans la découverte des hommes, il en manque à découvrir les mots, à révéler les couleurs et les rhythmes. C'est pourquoi il paraît décharné aux poètes orateurs. Ceux là sont du Nord ou de l'Est ; mais jamais un Athénien ne pourra rester insensible à tant d'invention spiritu- elle. Pour moi, si je m'imagine Montaigne sous Louis Philippe, écrivant des romans, c'est à Sten- dhal que je pense. Il est du tiers, plus que l'autre ; moins juriste que Montaigne, et plus soldat. Tous deux, les esprits les plus libres, et le plus dans la vie. Ils sont le remède souverain à toute abstrac- tion ; mais si forts que, pour prendre utilement cette admirable médecine, il faut avoir la fibre saine et pouvoir être guéri. La plupart des malades, la cure les empire : ils ne peuvent pas être guéris.

��VII

��sous LE PONT D AVIGNON

OÙ ai je lu l'anecdote de Stendhal sur le Rhône, quand il rencontre George Sand et Musset, ayant

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