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n’aimerait que vous à présent, songez, Octave, combien son amour serait encore loin de la perfection, combien il serait humain, petit, restreint aux lois de l’hypocrisie du monde ; songez qu’un autre homme l’a possédée avant vous, et même plus d’un autre homme ; que d’autres encore la posséderont après vous.

« Faites cette réflexion : ce qui vous pousse en ce moment au désespoir, c’est cette idée de perfection que vous vous étiez faite sur votre maîtresse, et dont vous voyez qu’elle est déchue. Mais dès que vous comprendrez bien que cette idée première elle-même était humaine, petite et restreinte, vous verrez que c’est bien peu de chose qu’un degré de plus ou de moins sur cette grande échelle pourrie de l’imperfection humaine.

« Vous conviendrez volontiers, n’est-ce pas ? que votre maîtresse a eu d’autres hommes et qu’elle en aura d’autres ; vous me direz sans