Ouvrir le menu principal

Page:Musée des Familles, vol.32.djvu/57

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
49
musée des familles.

— Ça ! c’est le maudit ! répliqua le pêcheur avec un air de menace.

— Mais quel maudit ? demanda Kernan.

— Yvenat, le juroux.

— Quel Yvenat ? quel juroux ?

— Il vaut mieux n’en pas parler, répliqua le bonhomme.

L’île Tristan. Dessin de A. de Bar.

Il n’y avait rien à tirer du vieil entêté ; mais un soir, dans les premiers jours de février, cette question fut reprise sur une réflexion que fit Locmaillé lui-même. Tout le petit monde était réuni devant le vaste feu de la salle basse. Le temps était mauvais ; la pluie et le vent sifflaient au-dehors ; on entendait les ais de la porte et des volets gémir péniblement ; il se faisait aussi, dans le large tuyau de la cheminée, de grands engouffrements d’air qui rabattaient la flamme et la fumée dans la chambre.

Chacun était plongé dans ses pensées ; on écoutait rugir la tempête, quand le bonhomme dit, comme s’il se fût parlé à lui-même :