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geuses ou non, les méthodes d’évaluation du capitalisme et de la circulation marchande. Lorsque nous aurons atteint un niveau infiniment plus élevé du développement socialiste, alors seulement nous pourrons diriger toutes les entreprises d’un centre unique en distribuant rationnellement entre elles les forces et ressources nécessaires selon un plan national préalablement établi. Le stade actuel de développement porte un caractère préparatoire. Le marché subsiste. Les entreprises industrielles de l’État ont dans certaines limites leur liberté d’action, peuvent vendre et acheter, créant ainsi des bases vivantes pour le futur plan économique unique du socialisme.

Il est vrai, nous consentons en même temps à donner telle ou telle entreprise en concession aux capitalistes. Le régime économique retardataire et les richesses naturelles inépuisables de la Russie ouvrent un large champ d’application au capital des concessionnaires. L’État conserve les entreprises essentielles, les plus importantes, de l’industrie et des transports. Nous admettons ainsi une concurrence entre les concessions purement capitalistes et les entreprises homogènes appartenant à l’État socialiste, ces dernières ayant une indiscutable prédominance. Toute la question est dans la corrélation des forces.

Les réformistes avaient naguère chéri l’espoir que la coopération engloutirait peu à peu le capitalisme. Tant que le pouvoir appartenait à la bourgeoisie, défendant le droit de propriété privée sur les moyens de production, cet espoir était pure utopie. En ce qui concerne la Russie, tant que le pouvoir appartient à la classe ouvrière et que les branches essentielles d’industrie restent entre les mains de l’État, une restauration lente et « sans douleur » du capitalisme par les concessions n’est guère plus possible que la