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docteur pour l’amener à la promenade. Promenade de cent pas, dont il se reposait une grande heure sur son banc favori. En apercevant Mlle Dubreuil, il demeura surpris, d’autant plus gêné qu’il comprenait qu’elle ne le savait point là, et soudain, prenant la résolution de s’en aller pour ne pas la contrarier de sa présence, il poussa du coude le domestique et s’apprêta à faire un demi-tour sur lui-même.

Mais, à ce moment précis, un pinson effarouché traversa bruyamment le massif d’arbustes à côté de Raymonde et la tira de sa rêverie. Elle leva les yeux, vit les deux hommes qui la regardaient et reconnut Fernand.

Alors, renonçant à partir, il s’avança de quelques pas.

— Excusez-moi, mademoiselle, d’avoir troublé votre lecture. Je ne pensais pas vous rencontrer ici… et je m’en vais.

— Pourquoi donc, monsieur Darcier ? Suis-je si terrible que je vous fasse peur ? Ne sommes-nous pas voisins de chambre, à l’hôtel, et n’avons-nous pas, de ce fait, des relations à nouer ? Souvenez-vous que vous êtes destiné à devenir l’ami de mon père, et le mien, par conséquent.

— Oh ! mademoiselle, que vous êtes bonne de parler ainsi à un pauvre malade, qui n’a rien fait pour mériter tant d’amabilité.

Le domestique, l’air satisfait de voir que la jeune fille connaissait Darcier, ne voulut point lui permettre de rester debout davantage.

— Asseyez-vous, Monsieur, dit-il, le docteur ne veut pas que vous vous fatiguiez. Et tandis que Raymonde se reculait pour laisser