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de badauds arrivés trop tard pour conquérir une place sur le pont de la Sûre, où est prêché le sermon avant le départ de la procession, niais engagés trop avant pour pouvoir se refaire une trouée au travers de la foule, amassée de l’autre côté jusque sur la place.

La procession cependant devait être en marche, car on entendait maintenant plus distinctement le bruit des chants et des fanfares. Mais elle n’avance pas vite : il fallait attendre. M. Dubreuil commençait à s’impatienter, ne trouvant rien à dire aux fillettes, gêné aussi d’adresser la parole à l’inconnu, que sa lecture paraissait absorber. Il se fit violence encore dix minutes ; alors, entendant toujours des chants et des fanfares, mais ne voyant encore rien venir, il n’y tint plus et se tourna vers son liseur :

— Pardonnez, Monsieur, la liberté grande que je prends de vous déranger, peut-être… Mais ne pourriez-vous me dire si la procession se fera longtemps attendre encore ?…

— Non, Monsieur, répondit son interlocuteur, quelques minutes au plus. Les chantres vont entrer dans la rue ; immédiatement après viendront les enfants de chœur et les pèlerins proprement dits, qui sont les deux groupes curieux de notre procession.

M. Dubreuil devinant, à l’urbanité du ton de son interlocuteur, un homme complaisant et communicatif, demanda des détails, implora des renseignements, pestant maintenant d’avoir tantôt mis tant de mauvaise grâce à accueillir celui à qui il les demandait. Celui-ci eut un léger sourire et raconta