Page:Moressée - Un mariage à Mondorf, 1887.djvu/79

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 75 —

pèlerinage d’Echternach. Je propose d’y aller ensemble : le docteur permet à Marcelle une absence de deux jours….

Puis il donna quelques explications au sujet de cette excursion.

Le pèlerinage d’Echternach est une des fêtes annuelles du pays de Luxembourg : on l’organise chaque année, le mardi de la Pentecôte, en l’honneur de Saint Willibrord, l’apôtre des tribus gauloises qui peuplaient, autrefois, la contrée comprise entre les pays des Eburons et celui des Trévires. Ce saint est invoqué contre les maladies nerveuses en général et en particulier contre la danse de Saint Guy. Willibrord et Guy sont de même origine, l’un traduit de l’autre. Or, en souvenir de la tradition, qui prétend que le pèlerinage se composait exclusivement autrefois de malheureux, atteints de cette terrible affection, la grande procession annuelle, organisée dans les rues d’Echternach, n’est point marchée, mais dansée. Ce mouvement de danse, qui donne à la procession un élément de curiosité pour lequel elle citée dans le monde entier, s’obtient par l’obligation imposée aux pèlerins de faire trois pas en avant, puis de reculer de deux en arrière, et d’accomplir ainsi l’itinéraire de leur procession. Le défilé semble ainsi agité perpétuellement d’un remous colossal, qui oblige à sautiller à la manière des paysans qui dansent.

En entendant leur père leur donner ces explications, Raymonde et Marcelle étaient demeurées bouche bée, ébahies d’entendre parler pour la première fois de cette procession singulière. Quand M. Dubreuil eut fini, ravie, Marcelle battit des mains.