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dans le parc et qui ont ramené les couleurs à vos joues.

Puis, s’adressant à M. Dubreuil :

— Je vous félicite de tout mon cœur, Monsieur, dit-il, de l’heureux résultat produit par le début de la cure. Votre charmante enfant a fait de grands progrès en ces quelques jours.

— Dites d’énormes, Monsieur le ministre. Je veux admettre que mes inquiétudes à l’égard de cette enfant étaient quelque peu exagérées et que je m’abusais sur l’étendue de son mal. Il n’en est pas moins vrai qu’elle était menacée d’une rechute et et que la voici, dès à présent, sauvée. C’est un bienfait dont je suis redevable à Mondorf, j’en saurai garder la mémoire.

Et déjà, tenez, j’ai conquis une recrue nouvelle. Un des vieux amis avec lequel je suis en correspondance, le chanoine Liévin, du chapitre de Notre-Dame de Paris, m’écrivait son prochain départ pour Luxeuil : je lui ai, tambour battant, intimé l’ordre de renoncer à cette station et de venir nous rejoindre ici. Il viendra.

Voilà, ou je me trompe fort, qui va être un élément de succès de plus pour l’établissement. Je n’ai pas eu le plaisir encore de faire la connaissance de M. le curé de Mondorf, mais je sais qu’il ne prêche pas en français. La colonie des baigneurs était ainsi menacée de ne pas entendre un sermon de toute la saison : grâce à mon ami le chanoine, cette menace est dès à présent écartée.

— Il viendra, bien sûr ?….

— Il viendra et il prêchera. Il me l’a écrit, et cette promesse qu’il m’a faite lui a causé à lui-même la plus vive surprise. Depuis dix ans il