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prendre pour lui d’une grande amitié. Elle était de quelques jours à peine à l’établissement, que, retrouvant tout son entrain et toute sa verve, elle avait pris une entière prépondérance sur toutes les fillettes de son âge, qui lui déléguaient maintenant le soin de porter la parole en leur nom.

Mais aussi cette confiance était bien placée. L’espiègle gamine excellait à comprendre à demi-mot. Une explication était à peine ébauchée que déjà elle l’avait saisie, comme au vol, et qu’elle présidait à l’éducation de ses compagnes. Alors la partie commençait, et il fallait la volée de la cloche de l’hôtel, sonnant l’heure du dîner, pour mettre fin à la récréation.

Un pareil exercice, comme il était facile de le prévoir, développait un vif appétit dans ce jeune corps : aussi le retour de Marcelle à la santé fit en quelques jours des progrès étonnante.

C’est ce qui frappa le plus M. Pauley, la première fois qu’il vint à Mondorf depuis que les Dubreuil y étaient installés. Il venait d’Altwies pédestrement, quand, au détour du chemin, il rencontra Marcelle et son père qui faisaient la promenade accoutumée de chaque après-midi. On se salua de part et d’autre fort cordialement, puis l’enfant, qui s’était approchée, dit sans attendre que son tour de parler fût venu :

— Vous savez, Monsieur, comme nous nous sommes amusés à Luxembourg, le jour de notre arrivée, et comme nous avons trouvé beau tout ce que vous nous faisiez voir. Mais c’est bien mieux ici, et nous aimons Mondorf davantage. N’est-il pas vrai, petit père ?….

— Je n’en doute pas, ma petite amie, dit M. Pauley. Je devine les bonnes parties que vous devez faire