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mettait de faire quelque chose, on verrait bien ce dont lui, Fernand, serait capable pour aider et rendre efficace son action bienfaisante. Et tout d’abord, on lui avait recommandé une obéissance exacte aux prescriptions de son traitement : eh bien, il se jurait de s’y conformer avec une ponctualité dont on n’aurait encore jamais trouvé l’exemple chez un malade. Lui ordonnât-on la promenade à pied et dût-il vingt fois tomber sur le grand chemin, il se promènerait, oui, fût-il pour cela nécessaire de se traîner dans la poussière sur ses genoux ensanglantés.

Car il fallait guérir, il le fallait absolument. Ce désespoir et cette résignation, absurde dans sa molle passivité, avaient duré trop longtemps déjà. Aide-toi, le ciel t’aidera, ainsi que dit la sagesse des nations…

Ces préoccupations et ces résolutions énergiques firent sembler courte au malade la première journée qu’il passa à l’hôtel. Même, cette extraordinaire activité de son imagination lui avait, le soir, donné un peu d’appétit : il mangea légèrement, puis, après une heure passée dans son fauteuil, contre la croisée ouverte par où lui arrivaient les senteurs embaumées des prairies, il se recoucha et dormit jusqu’au matin.

Il était éveillé à peine lorsqu’on le vint prendre pour le conduire à la source.

C’est, sur la colline à laquelle est adossé le Casino, un petit pavillon aménagé en buvette. Au milieu du carrelage qui recouvre le sol, un grand trou carré entouré d’un grillage, à l’orifice, duquel l’eau saline, chaude encore, vient bouillonner avec un bruit sourd. Des exhalaisons propres à cette