Page:Moressée - Un mariage à Mondorf, 1887.djvu/56

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 52 —

dit-il. Et surtout, Marcelle, songe bien à l’importance de cette première visite. Quand le docteur t’interrogera, dis-lui, dans tous les détails, ce que tu ressens, ce que tu souffres… De l’exactitude des renseignements que tu lui donneras, doit dépendre en grande partie l’opinion qu’il se fera de ton mal et le succès de la médication qu’il lui faudra t’ordonner.

Un garçon de l’hôtel entrant en ce moment dans la salle, M. Dubreuil s’informa des heures où le directeur médical de l’établissement des bains recevait et donnait ses consultations. Puis il fit passer sa carte et annoncer sa visite.

On n’avait que le temps de donner un coup d’œil à la situation générale de l’établissement, tout proche Voisin de l’hôtel.

C’est un vaste bâtiment rectangulaire, sans architecture ni ornements d’aucune sorte, mais auquel son badigeon blanc, formant contraste avec le fouillis de verdure dans lequel il est posé, donne un air de coquetterie joyeuse. Tout autour, sous des tentes de toile abaissées, des chaises de jardin sont alignées, dans une ordonnance symétrique qui décèle le peu de services qu’elles ont rendues jusqu’ici. En face, un second bâtiment étale sa façade aux larges portes vitrées, précédée d’une vérandah qui sert de refuge aux promeneurs, les jours de mauvais temps. Puis ce sont des jardins, à cette heure en pleine végétation, et un parc superbe dont une partie s’étage en bosquet jusqu’au sommet de la colline, tandis que l’autre, tout en pelouses encadrées d’allées discrètes, descend à la berge d’un ruisselet au cours sinueux et pittoresque.

Au milieu des pelouses, une potence de trapèze