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pour aller en ville, où ils devaient passer la nuit, tandis que Jacques s’empressait auprès de son maître, les bras embarrassés dans l’amoncellement des couvertures, des fourrures, des cache-nez.

Le lendemain matin, M. Dubreuil venait de s’installer dans son compartiment à destination de Metz, quand Marcelle, qui avait la tête penchée à la portière, se retourna tout à coup :

— Petit père, voici le monsieur d’hier, tu sais, le malade : il cherche un compartiment.

M. Dubreuil regarda sur le quai à son tour, et avec cette amabilité toute française que suffit à faire naître quelques heures passées ensemble en wagon, invita son compagnon de la veille à monter auprès de lui. Et quand Jacques se fut retiré, un moment il eut la pensée de demander à Darcier quel était le but de son voyage. Mais songeant aussitôt qu’on y pourrait voir une indiscrétion, il s’abstint et parla d’autre chose.

À Metz, on se salua comme la veille. M. Dubreuil, profitant des deux heures dont il pouvait disposer jusqu’au départ du train de Luxembourg, conduisit ses jeunes filles visiter rapidement les curiosités de la ville. Mais comme, revenu à la gare, il cherchait un coupé, il vit encore Fernand assis dans l’encoignure du premier qu’il ouvrit. Cette persistance à voyager ensemble l’intrigua. Puis il se dit qu’à Luxembourg on quitterait définitivement, pour ne plus le revoir, ce compagnon peu agréable, et il monta en voiture sans faire d’observation.

Ce qui avait intrigué M. Dubreuil n’avait pas manqué de faire impression sur ses filles : elles se communiquèrent leurs réflexions à ce sujet. Même Raymonde insinua que ce voyage fait de concert