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sible de vous recommander dans l’intérêt de la santé de Marcelle, lorsque je reçus l’opuscule que je vous ai glissé cet après-midi, en vous croisant sur le boulevard. Je n’aurais peut-être pas songé à l’ouvrir, si le courrier suivant ne m’avait apporté une lettre d’un ancien camarade que j’avais presque perdu de vue, ce docteur Petit précisément, le directeur médical de Mondorf-les-Bains et l’auteur de l’opuscule qui m’avait été envoyé.

Il me rappelait dans sa lettre son excellent souvenir, et puis, en savant praticien qu’il est, me vantait la grande valeur médicale des eaux de sa station.

« Tu sais, ajoutait-il, quel respect profond j’ai toujours eu pour la vérité dépouillée d’artifices, et quelle instinctive répugnance m’inspire tout ce qui, de près ou de loin, touche au charlatanisme. C’est en suivant strictement la ligne de ces principes que j’ai écrit le petit livre que je t’ai envoyé ce matin : il ne s’y trouve pas un mot qui ne soit strictement vrai, et l’éloge que j’y fais des eaux de Mondorf est plutôt modeste qu’exagéré. Lis ce petit livre attentivement : je suis certain que tu y découvriras plus d’une indication utile, et qu’il se prouvera, parmi tes malades, quelqu’un à qui le conseil de venir se faire soigner ici rendra la santé. »

Connaissant par expérience quelle absolue confiance il m’était permis d’avoir en la parole de mon ami, j’ai lu son livre minutieusement. Après cette lecture, mon opinion a été faite et ma résolution prise de vous engager à conduire Marcelle à Mondorf.

— Je vous suis reconnaissant, docteur, de toute la