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— Et à la suite de quelles circonstances, demanda M. Dubreuil que ces renseignements intéressaient fort, a-t-elle retrouvé sa prospérité ?

— Le retour de Mondorf à la vie date du commencement de l’année dernière, reprit M. Vanier. La société qui exploitait l’établissement n’étant pas disposée à faire les sacrifices qu’exigeait le succès d’une pareille entreprise, elle l’offrit en vente. Un des membres du gouvernement luxembourgeois, M. Pauley, comprit tout le parti qu’on pourrait tirer d’une pareille acquisition, et obtint de la Chambre des députés le rachat de Mondorf par l’État.

Il a pris à cœur de vaincre les obstacles qui se sont opposés jusqu’ici à l’essor de l’établissement, et de conduire Mondorf aux destinées que la valeur médicale de ses eaux et son excellente position géographique permettent d’espérer pour lui. Il a fait des prodiges pour rendre agréable aux baigneurs et aux malades le séjour de la station et en a été récompensé dès la première saison : chose inouïe depuis nombre d’années, l’établissement a clôturé son année par un excédant de recettes.

— Voilà qui me paraît assez décisif, dit l’ami Florian. Décidément, cher M. Vanier, vous me faites venir à la bouche cette eau de Mondorf, et j’ai bien envie, cet été, d’aller passer une huitaine de jours dans le Grand-Duché.

Je le devrais faire d’ailleurs, ne fût-ce que pour aller vous y rendre votre aimable visite. Et puis j’y retrouverais notre cher député et ses gentilles demoiselles.

Et comme M. Dubreuil, à ce mot, le regardait d’un air singulier :

— Oh ! sois tranquille, reprit-il aussitôt ; rassérène-