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XIV.


Fernand était guéri. Deux jours plus tôt le docteur l’avait emmené dans son cabinet en sortant de l’établissement hydrothérapique.

— Mon ami, lui avait-il dit, votre patience, votre courage, votre résignation plus encore que l’isolement dans lequel voire famille paraissait vous laisser, m’a poussé à vous consacrer tout spécialement mes soins. Vous m’avez laissé lire dans votre cœur comme dans un livre ouvert et je suis devenu votre ami.

Or, aujourd’hui, grâce à l’action vivifiante des eaux de cette source, vous êtes sauvé. Je ne voudrais pas que vous continuassiez à croire que ces soins, cette amitié ont été de ma part aussi désintéressés qu’ils paraissaient l’être. Je vous dois à cet égard un aveu. Quand vous êtes arrivé à Mondorf, vous étiez, sans le savoir, sous le coup d’une condamnation terrible, prononcée contre vous par les médecins qui vous avaient soigné jusqu’alors, et qui avaient renoncé à vous guérir. Le surlendemain de votre inscription au rôle de mon service, je reçus de votre tuteur une lettre dans laquelle il me demandait de faire tout ce qu’il serait humainement possible de faire pour apporter un soulagement à