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de la gymnastique même, sentant comme une jouissance secrète à profiter de cette occasion superbe, pour mater les bonnes dames qui avaient trop parlé le matin :

— Pascal, dit-il, un grand génie pourtant, prétendait qu’on ne pouvait être à la fois d’un esprit distingué et d’un corps robuste. Hélas ! lui-même il a démontré le danger que l’on court à laisser la lame user le fourreau, car il est mort à la fleur de l’âge et dans un état d’hallucination voisin de la folie.

Il fut un temps — et ce temps n’est pas si loin de nous que nous, n’en ayons gardé la mémoire — où il était de bon ton pour les hommes d’être pâles, souffreteux, myopes, où une femme du monde se serait crue déshonorée si elle eût vu briller sur ses joues l’incarnat de la santé. Une pareille aberration ne pouvait durer longtemps, et l’on en est bien revenu. Aujourd’hui, pour tous les gens sensés, (car on trouvera éternellement des imbéciles), la distinction consiste dans la grâce naturelle ou acquise, jointe à la proportion des formes, et par dessus tout à une santé solide — ce luxe interne, comme disait Fourier.

Il est, en effet, bien peu de gens qui ne mettent la santé au dessus de tout. Mais combien peu, cependant, se décident à faire ce qu’il faut pour l’entretenir ? Combien peu encore font régulièrement ces exercices : gymnastique, escrime, chasse, qui peuvent être regardés comme la plus précieuse ressource de l’hygiène, comme la meilleure des médications préventives !

Les gens légers, et même les gens graves qui ne comprennent pas, trouvent une foule d’objections contre la gymnastique.