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IX


À quelques jours de là, Raymonde et ses amies eurent l’idée de donner, à la colonie des baigneurs, un concert au profit du malade indigent dont elles avaient imaginé de payer déjà le logement et la pension. En même temps qu’il revenait à la santé, ce brave homme commençait à comprendre le bienfait dont il avait été l’objet et en manifestait la plus sincère reconnaissance aux jeunes filles, qu’il saluait, chaque fois que le hasard le mettait en leur présence, avec des marques de respect du plus haut comique.

Encore qu’on l’eût vingt fois prévenu que ces demoiselles n’entendaient pas un mot de l’idiôme luxembourgeois, il s’entêtait à s’en servir pour leur exprimer ses remercîments, et le faisait en longues phrases emphatiques qu’il eût été impossible d’écouter sans rire.

Mais à part ce petit ridicule, il paraissait si sincère et de si bonne foi, que Raymonde et ses amies le tenaient en grande estime : c’est pour le lui prouver qu’elles voulaient organiser, à son bénéfice, une petite soirée musicale qui serait d’ailleurs, par les chaleurs sénégaliennes qu’il faisait depuis quelques jours, un passe-temps fort attrayant pour les baigneurs.