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d’être prié de donner son avis en pareille matière, et s’y résignant cependant de bonne grâce, il me semble que rien ne s’oppose à ce que tu satisfasses ton envie de régaler tes petites camarades. À moins peut-être que le règlement de la colonie… Et encore, je suis bien sûr que nous pourrons gagner aisément les bonnes Sœurs à ton projet.

— Oh ! petit père, que tu es gentil d’accepter. Ce sera pour demain, veux-tu ? En rentrant tout à l’heure à l’hôtel, je ferai mes commandes et l’on téléphonera tout de suite à Luxembourg.

J’arrangerai tout avec Raymonde ; un bon café bien sucré, avec des gâteaux et des pâtés tout plein, que ces pauvres petites se régalent une bonne fois. Nous viendrons prévenir la Sœur que c’est nous qui nous chargeons de préparer le goûter de ses pensionnaires. Allons-nous nous amuser !

Et la charmante enfant battait des mains, à la pensée du bonheur qu’elle allait pouvoir répandre autour d’elle.

Comme on s’en retournait à l’hôtel, M. Dubreuil marchant devant avec le chanoine auquel il racontait ce nouveau caprice de générosité de la fillette, Marcelle supputait en elle-même le nombre de friandises qu’il faudrait pour rassasier la colonie. Et elle discutait à demi voix le choix à faire des différents pâtés qui composeraient le goûter : il en faudrait de légers, qui ne coupassent pas trop tôt l’appétit et dont on pût manger beaucoup…

Et tout à coup, comme on passait la grille de l’hôtel, elle rejoignit M. Dubreuil.

— Tu sais, petit père, la note sera grosse !

— Très grosse ?…