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imposée au nouvel élu de quitter sa commune, pour aller, pendant une grande partie de l’année, fixer sa résidence à Paris.

Au début de la législature, il avait tenté de n’y séjourner que provisoirement, profitant de son privilège pour circuler gratuitement et faire la navette entre la capitale et sa propriété de Beautaillis. Mais à ce voyage continuel, il n’avait pas tardé à trouver une incroyable fatigue, une lassitude physique telle qu’il en perdait toute liberté d’esprit, tout ressort.

Il résolut alors de renoncer à ce système, prévint Raymonde, fit un choix parmi les meilleurs de ses domestiques et partit avec eux pour Paris. Obligé de vivre au centre de la capitale, où il avait toutes ses relations, il loua le premier étage d’un grand hôtel de la rue Lepelletier et chargea sa fille, sur laquelle il pouvait désormais compter comme sur lui-même, de diriger les travaux d’aménagement.

Il hésita quelque temps sur le point de savoir s’il ne conviendrait pas de mettre Marcelle pendant une ou deux années en pension. Mais il rejeta bien vite cette pensée, autant pour obéir à ses idées sur l’éducation des enfants, pour laquelle il jugeait indispensable le milieu de la famille, que pour plaire à Raymonde qui le suppliait de lui laisser l’orpheline. Il choisit à l’enfant des maîtresses instruites, et n’eut plus bientôt qu’à se féliciter du changement de caractère amené chez elle par ce changement d’existence.

Le premier discours prononcé au Palais-Bourbon par le nouveau député fut un véritable événement parlementaire. La presse lui fit un gros succès, son nom fut lancé dans le public et tout le monde com-