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en Touraine, puis partira pour Vienne, en compagnie d’un diplomate qui l’a choisi comme secrétaire pour une mission spéciale.

— Ah ! bah !…

— Et il ne rentrera au ministère qu’au mois d’octobre, c’est-à-dire trop tard pour vous retrouver ici, au cas où la fantaisie le prendrait quand même de faire le voyage.

— Il faudra donc en faire notre deuil. Mauvais garnement ! ajouta M. Dubreuil, nous nous étions cependant promis un grand plaisir de sa venue à Mondorf…

Après le dîner, M. Liévin quitta son ami pendant une demi-heure pour aller faire sa visite à l’évêché, puis on repartit pour la station balnéaire.

La conversation ne tarit pas un instant durant tout le trajet : bien qu’il en eût, M. Dubreuil sentait depuis quelques jours que ses occupations multiples lui manquaient, et les nouvelles que lui donnait de Paris et de sa vie le chanoine qui en arrivait, lui causaient un plaisir extrême. Les journaux le renseignaient sur la politique et sur les mille incidents de la journée parisienne ; mais il n’y pouvait trouver d’informations d’aucune sorte sur les œuvres et les hommes auxquels il était attaché. A ce point de vue, la conversation de son ami était un régal dont il ne voulait pas perdre une miette : et la nuit vint que les deux hommes conversaient encore, ayant à peine pris le temps de jeter un rapide coup d’œil sur l’aspect des localités où M. Liévin allait séjourner pendant un long mois.

— Pardonnez-moi cet égoïsme, mon ami, disait M. Dubreuil en le quittant le soir, mais si vous