Page:Moressée - Un mariage à Mondorf, 1887.djvu/122

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 118 —

de sa guérison : ne sera-ce pas là l’origine de relations inévitables qui pourraient déplaire à mon père, et qu’alors je regretterai vivement d’avoir nouées ?

« Tu vois qu’en ce monde le bonheur n’est point parfait, et que le plaisir que j’ai d’apprendre le rétablissement de ce malade sympathique est déjà troublé, à peine ressenti, par l’appréhension des conséquences qu’il peut entraîner. »

· · · · · · · · · · · · · · ·

Quand, le lendemain matin, M. Darcier descendit pour glisser dans la boîte aux lettres le message qu’il envoyait à son tuteur, il trouva le garçon chargé d’emporter le courrier chaque matin tout prêt à partir. Il lui remit son pli et se dirigea vers la source.

La matinée était radieuse ; la fraîcheur de la rosée se faisait encore sentir à cette heure matinale ; mais déjà le soleil brillait d’un éclat pur qui promettait une chaude journée. Un vent léger, qui courait dans les feuilles, donnait aux arbres un mouvement de vie et provoquait de charmants effets d’ombre et de lumière. Il faisait briller l’enveloppe satinée qui s’accrochait encore aux derniers bourgeons ouverts, et, retournant les menues branches, en montrait l’envers argenté ; il balançait les lourdes grappes de fleurs, il courait sur l’herbe de la prairie avec un imperceptible murmure.

Comme il allait passer le seuil du pavillon de la source, Fernand vit la petite Marcelle en sortir. Elle répondit joyeusement au salut qu’il lui envoyait :

— Bonjour, Monsieur Darcier. Qu’il fait bon se promener, ce matin !…

Puis il entra et trouva Raymonde qui l’accueillit,