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de l’apprendre, et de voir ainsi réalisée la prédiction que vous me faisiez naguère en nie conseillant de venir faire un séjour ici.

Mais ce n’est pas seulement un bon médecin que j’y ai trouvé, c’est aussi la sympathie, je voudrais oser dire l’amitié, d’une famille française qui séjourne à l’établissement et qui a bien voulu compatir à mes souffrances ; la famille Dubreuil. M. Dubreuil est le député d’Indre-et-Loir dont vous dorez connaître l’immense talent.

Il a amené à Mondorf ses deux filles, dont l’une, la cadette, était malade et avait besoin de soins. L’autre, mademoiselle Raymonde, est une personne dont je vous ferais volontiers le portrait si je ne craignais trop d’offenser l’original par les imperfections de mon style : une jeune fille adorable, bonne, douce, intelligente, et belle comme doivent être les anges. Du jour où je l’ai vue, je l’ai aimée : c’est pour vous en informer que j’ai pris la liberté de vous écrire.

Car il est de toute nécessité que vous le sachiez dès aujourd’hui, votre intervention me devenant indispensable le jour où je serai en mesure de réaliser mes projets. Je veux d’abord me hâter de me guérir. Tout aussitôt après, je vous prierai de me rejoindre à Mondorf : l’occasion se présentera bien vite de lier connaissance avec M. Dubreuil et de lui exposer le vœu que j’ai formé d’obtenir de sa bonté la main de mademoiselle Raymonde.

Je ne me dissimule pas que cette mission vous sera peu agréable, en raison des quelques jours que vous devrez y sacrifier ; mais j’ai la confiance que vous ferez ce sacrifice, en songeant que si M. Dubreuil ne me repousse pas, vous serez tout natu-