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VII


Il faut compter, au premier rang des divertissements offerts aux baigneurs par l’administration de l’établissement de Mondorf, les concerts donnés le jeudi, sous la verandah du Casino, par la musique militaire de Luxembourg. Il n’avait pas été possible, jusque-là, par suite du temps douteux ou pluvieux qu’il avait fait durant tout le mois de mai, d’en commencer la série ; mais maintenant que le soleil de l’été avait triomphé de tous les obstacles et ramené la saison des fortes chaleurs, il devenait urgent de réserver aux baigneurs quelques après-midi agréables : on annonça donc, pour le jeudi suivant, le premier concert militaire.

Cette annonce mit à l’envers les têtes folles de toutes les fillettes, donna un regain d’animation à leur entrain endiablé. Dès le matin du grand jour, on en causa sur les pelouses comme d’un événement d’importance.

— La belle affaire ! dit tout à coup une gamine, en esquissant une moue dédaigneuse. Je les ai entendus cent fois jouer, moi, les militaires du Luxembourg.

— Où ça ?

— Mais à Paris, donc, dans le grand jardin derrière le palais du Sénat !…