Page:Montreuil - La vengeance d’une morte.djvu/108

Cette page a été validée par deux contributeurs.
107
LES YEUX DU PETIT JEAN

telligent et câlin !… Il me connaissait entre tous… il essayait de parler quand il me voyait… il me tendait ses menottes roses !…

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Depuis une heure déjà, notre nacelle glissait sur l’onde bleue de la rivière Lorette.

Ma pensée me reportait devant la frêle dépouille du petit inconnu.

Il était divinement beau, dans la froide immobilité de la mort ; il était beau comme ces tendres éphèbes que les sculpteurs de l’antiquité ont immobilisé pour l’admiration des siècles, dans la majesté du marbre.

Ses traits délicats, pourtant si purs, révélaient à l’observation la fugitive empreinte de la douleur. Les être humains dont l’existence compte à peine quelques aurores, doivent-ils donc, eux aussi, acquitter par la souffrance leur dette envers la vie ?