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chercher le sentiment jusqu’au fond de l’âme, cette bouche si naïve, ce son de voix si touchant… Ah, Caroline ! un mot de plus, et ce cahier ne vous parviendroit jamais. Laissez-moi m’occuper du comte, ne voir que lui, ne penser qu’à lui, me pénétrer de cette sublime idée, et oublier tout le reste… Où en étois-je ?… Je vous parlois, je crois, de la jeune comtesse Matilde. Vous ne devez pas l’avoir vue ; elle étoit à Dresde lorsque vous étiez à Berlin ; et même elle y est encore, madame de Zastrow y ayant fixé son domicile… Elle ne ressemble point à son frère, tel du moins qu’il étoit avant mon malheur. Matilde n’est pas grande. Le caractère de sa physionomie est la gaîté et la vivacité. Tout est proportionné chez elle à sa petite taille : c’est un petit nez retroussé, de petits yeux bleus, fins et rapprochés, une petite bouche de rose toujours prête à rire, un petit minois chiffonné, la plus jolie petite main, et le plus joli petit pied possible ;