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reçu une lettre de votre père. — Ah ! mon Dieu, reprit-elle en pâlissant et pressentant son malheur, une lettre à vous… expliquez-vous, de grâce. Que vous dit-il ? me cache-t-on quelque chose ?… Ô M. le comte… Et son cœur oppressé ne put résister plus long-temps à l’agitation qu’elle éprouvoit ; les sanglots lui coupèrent la voix. Le silence du comte, son air touché, attendri, quelques expressions vagues qui lui échappèrent enfin, confirmèrent ses soupçons. Elle se livra au désespoir le plus violent.

Ô mon Dieu ! mon Dieu ! répétoit-elle en sanglotant, je le vois bien, je n’ai plus d’amie ; je ne tiens plus à rien dans ce monde. Ma bonne maman n’existe plus, je le vois ; j’ai donc tout perdu ! — Non, non, chère Caroline, il vous reste un ami, qui saura vous prouver combien il vous aime, et à quel point votre bonheur l’intéresse…

Caroline l’aimoit trop elle-même, cet ami, pour être long-temps insen-