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caroline

s’il étoit trop tard, si je ne retrouvois plus la meilleure des amies…

Le comte fut bien aise que cette idée se présentât d’elle-même. L’émotion étoit donnée ; il crut que c’étoit le moment de l’instruire : d’ailleurs, son projet de partir à l’instant même rendoit impossible un plus long déguisement. — Chère Caroline, lui dit-il en s’asseyant auprès d’elle, et lui prenant les mains, au nom du ciel, calmez-vous. Eh, quel reproche auriez-vous à vous faire ? Sortie à peine vous-même de l’état le plus dangereux, pouviez-vous… — Ah ! oui, sans doute, oui, je devois consacrer tout de suite le retour de mes forces à celle qui m’a tenu lieu de la plus tendre mère. Oui, je sens tous mes torts ; heureuse si je puis les réparer ! Elle vouloit se lever, se préparer à partir, le comte la retint encore.

— Un seul moment, Caroline, je vous en conjure, écoutez-moi ; j’ai aussi