Page:Montolieu - Caroline de Lichtfield, tome 2, 1815.djvu/261

Cette page a été validée par deux contributeurs.
249
de lichtfield.

d’autant plus qu’il avoit à se reprocher, et la connoissance de Lindorf avec sa sœur, et cet attachement si vif qu’elle lui conservoit, et qui ne pouvoit plus que la rendre malheureuse. Il savoit bien qu’il n’avoit qu’à dire un mot pour engager Lindorf à épouser Matilde, et que ce mariage lui assuroit en même temps la possession de Caroline. Lindorf n’avoit rien à lui refuser, et il voyoit Caroline trop pénétrée de tout ce qu’elle lui devoit, pour n’être pas sûr de son aveu, et pour craindre encore sa répugnance. Mais il n’étoit pas dans le caractère du comte, il ne pouvoit pas même entrer dans sa pensée d’abuser des droits que lui donnoit la reconnoissance sur Caroline et sur Lindorf, et d’exiger un tel sacrifice pour assurer son bonheur et celui de sa sœur.

D’ailleurs, un bonheur qui n’auroit pas été partagé ne pouvoit en être un pour lui. Il pensoit de même pour Matilde ; et rien n’auroit pu l’engager à l’unir à quelqu’un dont elle n’auroit pas