Page:Montolieu - Caroline de Lichtfield, tome 2, 1815.djvu/202

Cette page a été validée par deux contributeurs.
190
caroline

lui avoir baisé la main, qu’elle ne retira plus, les laissa dans son appartement, et se hâta de passer dans celui de Lindorf, dont il étoit extrêmement inquiet. Il ne le trouva point ; mais en parcourant sa chambre des yeux, il vit sur son bureau une lettre cachetée. Il la regarda : elle étoit à son adresse. Il l’ouvre avec émotion, et lit ce qui suit, tracé par une main tremblante, et se ressentant du désordre où étoit Lindorf en l’écrivant.

« L’événement le plus inattendu, le plus incompréhensible, vient de vous découvrir le fatal secret que je voulois emporter au tombeau. Je n’ai pas été le maître de mon premier mouvement. Voir Caroline expirante, et se taire, c’étoit au-dessus des forces de l’humanité… Oui, mon cher comte, c’est elle-même que j’adorai sans la connoître, sans imaginer que vous eussiez aucun droit sur elle. J’atteste le ciel qu’à l’instant où je l’appris, je m’éloignai d’elle