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de lichtfield.

Lorsqu’elle en vint à cette dernière lettre que Caroline avoit reçue ce jour même, cette lettre où le comte parloit d’elle, pensoit à elle, et lui assuroit le bonheur de vivre toujours avec sa Caroline ; lorsqu’elle eut entendu cette phrase : « Vous engagerez cette tendre et respectable amie, que vous ne voulez et ne devez pas quitter, à venir vivre avec vous »… elle ne put modérer ses transports ; elle embrassa tendrement Caroline, en l’appelant sa chère petite comtesse, et lui disant, la larme à l’œil : Nous ne laisserons pas partir cet ange : n’est-ce pas, ma fille ? il ne partira pas ?

Non certainement, reprit Caroline ; je serois la plus ingrate des femmes si j’y consentois ; permettez même que j’aille lui répondre tout de suite ; le courrier part ce soir.

Elle sortit, et laissa la bonne chanoinesse tout émerveillée de ce qu’elle venoit d’entendre, et ayant bien assez à penser pour ne pas s’ennuyer d’être