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caroline

mais je vous crois bon et généreux, M. le comte, et cette idée me rassure. Il ne tiendra qu’à vous que je me trouve heureuse.

J’allois lui répondre, lorsque son père entra. Elle reprit bientôt son ton naturel, et ne me parut pas redouter le moment qui s’approchoit. Comment donc aurois-je pu soupçonner le coup qui m’attendoit ? Alors racontant tout ce qui s’étoit passé le jour de son mariage, il tira de son porte-feuille cette lettre que Caroline lui remit elle-même, et qu’on a vue ci-devant.

Tenez, mon ami, dit-il à Lindorf, en la lui remettant ; lisez et voyez à quel point je dus être atterré. C’est ici que le pauvre Lindorf eut besoin de tout son courage. Il prit d’une main tremblante et parcourut seulement des yeux cette lettre si naïve, si touchante, tracée par celle qu’il adoroit. En la rendant au comte, il voulut dire quelque chose, mais il ne put rien articuler. Il se jeta dans ses bras, le serra contre son cœur,