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de lichtfield.

pris de ne point trouver son ami à Berlin, d’apprendre des gens qu’il y avoit laissés, qu’il étoit à Ronebourg, et qu’il y étoit seul, il soupçonna quelque malheur inattendu, ne se donna que le temps de voir le roi et son beau-père le chambellan, et repartit tout de suite pour s’éclairer des motifs d’une retraite aussi singulière que celle de Lindorf, au moment où il le croyoit au comble du bonheur. Dès que les premiers instans de surprise, d’émotion et d’attendrissement furent passés, le comte lui fit des questions dictées par le plus vif intérêt.

Cher Lindorf, dit-il, hâtez-vous de m’expliquer pourquoi je vous retrouve ici seul, triste, malade même, car vous voudriez en vain me le cacher, votre changement… Ô mon ami ! développez-moi ce cruel mystère ! Qu’est devenue celle que vous aimiez ? Pourquoi n’est-elle pas avec vous, unie à vous ? Pourquoi mon ami n’est-il pas heureux ? Lindorf l’auroit laissé parler plus long-